La sécurité à Marseille
Par Administrateur, mardi 13 décembre 2011 à 19:51 :: Général :: #84 :: rss
Intervention de Christophe MASSE
Au Conseil Municipal de Marseille, le 12 Décembre 2011
Monsieur le Maire, mes chers collègues,
Le 29 aout dernier le ministre de l’intérieur annonçait la solution au problème de l’insécurité à Marseille… Il venait de nommer le Préfet Alain Gardère et devant les micros et les caméras il prédisait aux voyous en tout genre un avenir compromis.
Le même Guéant osait un diagnostic définitif et incontestable il disait "les effectifs ne sont pas tout… il faut un nouveau souffle" trois mois tard on a envie de dire que le nouveau souffle a manqué d’air… tellement manqué d’air que le Président de la République a promis aux policiers des fusils à pompes !
Monsieur le maire si la situation n’était pas terriblement inquiétante elle prêterait à sourire. Vous imaginez le Président de la République, premier personnage de l’Etat qui vient annoncer un grand plan anti-délinquance, un grenelle de l’insécurité il quitte un sommet international pour dire avec solennité : vous aurez des fusils à pompes…
Vous qui avez le goût de l’histoire… est-ce que vous imaginez le Général de Gaulle se livrer à un tel exercice médiocre et généralement réservé à ce qu’il appelait l’intendance.
Marseille mérite mieux que des annonces. Les fonctionnaires de police qui sont tombés dans l’exercice de leur fonction méritent mieux que de la compassion organisée et médiatisée.
La lutte contre l’insécurité et les évènements dramatiques qui rythment le quotidien de notre commune devrait vous en convaincre, la lutte contre l’insécurité :
- elle se conjugue avec humilité
- elle se construit dans la durée
- elle réclame de l’autorité et elle impose des choix.
L’humilité… c’est comprendre que les visites éclairs d’un ministre, les grands mots et les petites phrases n’ont jamais effrayé le moindre braqueur. L’humilité c’est admettre que la politique du chiffre est une erreur colossale qui détourne les policiers des enjeux essentiels et qui échoue.
Avec la politique du chiffre, comme l’a dit Claude Guéant dans un lapsus révélateur, la délinquance a recruté et personne ne s’en réjouit. L’humilité c’est un peu moins inviter la presse, c’est un peu moins abimer les valeurs de la République et accepter avec courage de travailler dans la durée.
Je sais Monsieur le Maire, je sais Mme l'Adjointe, je sais mes chers collègues que même vous ici, sur les bancs de la majorité, vous êtes mal à l'aise comme nous lorsque vous entendez certaines affirmations péremptoires d'un Ministre ou d'un Préfet alors que l'on sait tous très bien que la réponse à l'insécurité à Marseille se fabrique à partir de moyens certes, mais aussi dans un débat dépassionné, sans parti pris ni récupération.
La durée Monsieur le Maire, on nous annonçait des renforts importants : Marseille c’est 280 policiers pour 100 000 habitants là où les grandes villes du pays disposent de 340 ou 350 policiers pour 100 000 habitants. Le ministre de l’intérieur nous promettait un rattrapage. Il nous a envoyé des brigades mobiles. Le problème c’est qu’à cette occasion on a mieux compris le terme brigades mobiles : Les policiers arrivent… on médiatise… et ils repartent. Nous devons certes constater les efforts fournis dans certains quartiers de l'hyper centre et je le fais avec plaisir. Simplement, vous savez comme moi que Marseille c'est 119 quartiers et que, comme vous le dites souvent Monsieur le Maire notamment lorsque vous abordez le logement social, Marseille est une et indivisible et il ne peut y avoir une police et une politique de sécurité à 2 vitesses. Que doivent penser les marseillais hors hyper centre ?
Je l'ai donc dit, de la durée, des choix et de l’autorité.
Nous avons à plusieurs reprises indiqué qu’il était urgent de renforcer la police municipale en faisant doubler ses effectifs d'ici 2014 et d’engager un plan de formation ambitieux que les agents réclament eux-mêmes. Plus de policiers municipaux bien formés c’est plus de Police Nationale concentrée sur les noyaux de délinquance prioritaires.
Quand il y a peu de marges de manœuvre budgétaires il faut choisir et poser des priorités. La sécurité doit figurer au premier rang de ces priorités.
Enfin une véritable politique de lutte contre l’insécurité exige de l’autorité et pardon de m’interroger au nom du groupe socialiste… Mais il existe un vrai problème de management au sein de la police municipale… des directeurs qui jettent l’éponge… une incapacité à modifier les horaires de travail et faire en sorte que les agents poursuivent leur service jusqu’à 23 heures.
Monsieur le maire, nous le savons, la délinquance ne se couche pas à l’heure des "bisounours". Pourquoi n'arrivez vous pas à prendre ce débat à bras le corps, à en faire votre objectif, votre priorité, ce serait beaucoup plus utile que des déplacements couteux pour nos concitoyens de Ministres ou du Président.
Mes chers collègues ce n’est plus seulement la gauche qui dénonce l’incompétence et l’inefficacité des politiques menées ce sont les policiers eux mêmes qui ont manifesté le 2 décembre dernier devant la Préfecture et ce sont les Marseillais dans leur ensemble.
Personne ici n’a le monopole de la solution aux questions d’insécurité qui règne à Marseille. Le Groupe Socialiste le dit depuis longtemps maintenant, le travail ne peut être que collectif, complémentaire et objectif. Mais de grâce vous qui avez peut encore quelques amis au gouvernement dites leur qu’ils arrêtent de confondre agitation et action gesticulation et gestion. Encore une fois Marseille mérite bien mieux.
Christophe MASSE
Conseiller Municipal de Marseille

Commentaires
1. Le mercredi 14 décembre 2011 à 09:51, par Michèle FABRE
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